Cette rubrique se distingue de celle des Essais dans la mesure où il ne s'agit pas ici de rendre compte des essais des autres, mais de proposer une lecture originale de l'oeuvre de Genet. Toute étude est bienvenue

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Mise à jour, le 7 décembre 2007

Pompes funèbres, Les Paravents, Un captif amoureux, L'ennemi déclaré

GENET ET le POLITIQUE

Sommaire des nom des auteurs. Les lectures sont classées de la plus ancienne à la plus récente : Patrice Bougon, Nathalie Fredette, Mairead Hanharan, Basma El Omari, Jean-Michel Rabaté, René de Ceccatty ( à suivre )

Quant au rapport à Hitler, ceci :

Pompes funèbres
Le petit gars de Paris accomplit son travail avec vaillance. D'abord il eut peur de faire du mal au Führer. Le membre était d'acier. De toute cette machine à supplice qu'était Paulo, la verge en était la pièce essentielle. Elle avait la perfection des rouages, des bielles fabriquées avec précision. … Elle était également sans tendresse, sans douceur, sans le tremblement qui fait souvent frémir délicatement les plus violentes. Paulo prit des précautions et mit beaucoup de salive à sa bite, mais très vite il fut dominé par sa fonction de mâle. Il fonça jusqu'au fond. Il éprouva une grande joie à sentir le tressaillement de bonheur de Madame. La reconnaissance de la beauté de son travail le rendit fier et plus ardent. Ses bras, par en dessous, près des épaules, s'aggripèrent au bras de l'enculé, et il fonça plus dur, avec plus de fougue. Le Führer râlait doucement. Paulo fut heureux de donner du bonheur à un tel homme. Il pensa : << T'en veux de l'aut' ? et en fonçant : << Tiens mon chéri >>. Soulevant encore ses reins, sans sortir du trou : << Du petit Français >> et fonçant << Encore un coup... C'est bon, ça te plaît ? Prends-en toujours >>. Et chaque mouvement de va-et-vient dans l'oeil de bronze, s'accompagnait mentalement d'une formule dont le lyrisme était dicté par le bonheur accordé. A peine eut-il une fois un léger ricanement, vite effacé, quand il pensa << Cui-là, c'est la France qui te le met >>. Hitler une main sur sa queue et ses parties mutilées, sentait cette ardeur s'exalter, encore que chaque coup de bite arrachât un râle de bonheur.
Pompes funèbres 1947, Gallimard,1957, Collection L'imaginaire, 1978, pp.164-165

Les articles que nous pouvons proposer sur cette problématique politique sont les suivants, certains sont accessibles par un lien internet.
Voir aussi la rubrique Bibliographie, qui comporte un chapitre sur les principales études consacrées à Genet dont certaines sont consacrées au politique.

Nathalie Fredette
Genet politique, l’ultime engagement
Études françaises,Université de Montréal, Vol. 29, no 2, 1993

Nathalie Fredette
Jean Genet : les pouvoirs de l’imposture
Études françaises, Université de Montréal, Vol. 31, no 3, 1995

Patrice Bougon et Jean-Michel Rabaté
Genet et la politique : entretien ( L'amitié chez Derrida et Genet,l' engagement, l'ironie )
Études françaises, Université de Montréal, Vol. 31, no 3, 1995
Cet entretien est lisible sur ce site :
http://www.erudit.org/revue/etudfr/1995/v31/n3/036001ar.pdf

Patrice Bougon
Ironie, politique et mythe dans Pompes funèbres, paru dans le numéro Genet de la revue Europe, août-septembre 1996, pp.65-77. Très légérement modifié en ce qui concerne les notes, la pagination que vous trouverez ici ne correspond pas à celle de la revue. Je renvoie donc les lecteurs qui souhaiteraient citer cette étude à consulter cette excellente revue Europe.

http://jeangenet.pbwiki.com/f/PART1-2.DOC

Patrice Bougon
Traduction, tradition, trahison dans Les Paravents de Jean Genet, revue OP.CIT, Université de Pau, N° 15, novembre 2000, pp. 259-268.
Le texte, ici fourni, comporte une pagination différente de celle de la revue. Pour toute citation, prière de faire référence à la revue et à sa pagination, merci d'avance.

http://jeangenet.pbwiki.com/f/OP.doc

Saluons cette revue de littérature française et comparée dont le sommaire des numéros correspond au programme d'agrégation de cette discipline.
http://pubmc1.univ-pau.fr

Basma El Omari
«La dernière image du monde» ou l’écriture de Jean Genet sur les Palestiniens
Études françaises, Université de Montréal, Vol. 37, no 3, 2001

La revue anglaise, Paragraph a publié un numéro spécial que nous n'avons pas encore reçu, mais qui est, n'en doutons pas, de bonne qualité, au vu du sommaire et du nom de son éditrice, bien connue des spécialistes. Genet, Edited by MAIRÉAD HANRAHAN. (Paragraph, 27.2). Edinburgh University Press, 2004. 145 pp. Pb £18.95.

Mais nous avons trouvé un compte rendu rédigé par Olivier DAVIS, dans la revue anglaise French studies, en 2006.
(Published by Oxford University Press on behalf of the Society for French Studies. All rights reserved. For permissions, please email: journals.permissions@oxfordjournals.org )
Olivier DAVIS :
This collection of theoretical essays on Genet's work is a compelling demonstration of that work's ambivalence towards such elucidation. A substantial essay by Derrida, ‘Countersignature’, takes Le Captif amoureux as its point of departure and ranges extensively and dazzlingly over Genet's work and Derrida's own. Revisiting Glas and Signéponge, he asks again what is involved in ethical terms in writing about, or ‘countersigning’, the work of another. Even if the intention is to affirm, betrayal, he concludes, is inescapable: ‘In my "yes", in my own untranslatable, singular idiom, I must countersign the other's text without counterfeit, without imitation. It is obviously impossible’ (p. 29). And Derrida's singular idiom has been particularly well rendered in this accomplished translation by the volume's editor. Hanrahan's own contribution, ‘Sculpting Time’, is a delicately poised reflection on the way in which, for Genet, art and particularly writing is, as she argues, ‘a fixing that inscribes the fluidity it ends’ (p. 46). Tom Conley's concise and persuasive reading of ‘Le Secret de Rembrandt’ scrutinizes the ‘restive’ mobility of one of Genet's most favoured words: le faste. Elizabeth Stephens's essay, though perhaps rather too condensed in places (‘Genet's novels challenge the conventional understanding of the phallus as a synecdoche of a rigidly stable and self-contained corporeality’), nevertheless makes an important if familiar point about Genet's work: while his dominant male characters may in certain respects conform to traditional models of heteronormative masculinity, they do not thereby confirm them. Bénédicte Boisseron and Frieda Ekotto, in ‘Genet's The Blacks: "And Why Does One Laugh at a Negro?"’, argue convincingly that Genet's play, while it tries to take the audience on a journey ‘into the depth of their colour consciousness’, nevertheless ultimately resists stable interpretation by way of an overwhelmingly complex stratification both of layers of theatre (play, play within a play) and of colour (black actors with white masks but ones which leave some black skin and ‘kinky’ hair visible, and black actors with no masks in the funeral). The question in the title, appropriated from Bergson's Le Rire, is almost answered in a fascinating conclusion which moves deftly between Genet's play and a telling critique of Eminem's performance (or parody) of ‘blackness’. François Bizet, in ‘Bataille's Battle With Genet’, offers a reappraisal of Bataille's ‘unique and bewildering’ rejection of Genet in what was to become the last chapter of La Littérature et le mal. Bizet draws primarily on a neglected earlier article in which Bataille springs to the defence of Haute surveillance and he is rightly taken aback by the extent to which Bataille's concept of communication in the later article has narrowed to dogmatic rigidity. This collection represents an important contribution to recent scholarship on Genet. It also provides a heartening sense of the diversity of possible relationships which theory can today entertain with the singular work.

Oliver Davis
Wadham College, Oxford

Jean Genet antisémite ? Sur une tenace rumeur.
Tel est le titre de la longue étude, signée René de Ceccatty, qui ouvre le dossier Littérature et antisémitisme, de la revue Critique, N° 714, novembre 2006, p. 895-911.
René de Ceccatty conteste, de façon fort argumentée, les thèses des livres Marty et Jablonka. C'est la première réplique développée à ce qui est effectivement devenu une rumeur dans de nombreux médias. Le débat est donc enfin ouvert dans une revue universitaire.


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